01 Avr 2020 / Article

« Enchaîner les réunions courtes »

Après plus d’une vingtaine d’années chez Citibank, dont elle a notamment dirigé la filiale ivoirienne, la Sénégalaise Khady Dior Ndiaye a rejoint le groupe pétrolier américain Kosmos Energy en 2019 (1,5 milliard de dollars de revenus en 2019). Nommée récemment responsable Afrique de l’Ouest de Kosmos (Sénégal et Côte d’Ivoire), elle se confie sur son quotidien de CEO.  

 

L’organisation : priorité à la journée continue 

Je suis quelqu’un du matin. Je commence mes journées très tôt, et quand je suis lancée, je suis lancée… Je m’interromps rarement le midi, sauf quand j’ai un déjeuner d’affaires. C’est une habitude que j’ai prise durant mes études aux États-Unis, où cette pause est très courte. Je fonctionne donc sur un rythme soutenu, en journée continue. Cela me permet de faire beaucoup de choses. 

Entre 12 heures et 14 heures, quand les autres déjeunent, je me consacre à des petites tâches que je n’ai pas eu le temps de faire auparavant. C’est plus calme à ce moment. J’en profite par exemple pour rappeler des gens qui ont tenté de me joindre. Ce temps utile me permet de finir la journée plus tôt pour ensuite faire du sport et passer des moments en famille.  

En tant que directrice régionale, j’ai un travail à cheval entre deux pays, la Côte d’Ivoire et le Sénégal. J’essaie d’effectuer des voyages courts et de les optimiser au maximum en enchaînant les réunions sur place. C’est quelque chose dont j’ai l’habitude car, dans mes fonctions précédentes, chez Citibank, je couvrais quatorze pays.

 

La clé : la prise de notes pour ne pas perdre le fil 

J’apporte un soin particulier à la préparation des voyages. Je m’assure notamment que les rendez-vous sont bien calés et qu’ils auront bien lieu. Le planning des réunions est communiqué bien en amont afin que chacun sache précisément quoi, quand et comment. Enfin, au début de chaque réunion, je reprends les points sur lesquels nous nous sommes mis d’accord lors du rendez-vous précédent. C’est ainsi que les réunions sont courtes et efficaces. Et c’est cette organisation qui rend mes voyages fructueux.

Une des caractéristiques de ma méthodologie, c’est la prise de notes. J’en suis très friande, même si des comptes rendus de réunion sont réalisés par ailleurs. Ceux qui ont eu à travailler avec moi m’ont toujours vue avec un carnet à la main. Bien sûr, je ne note que ce qui est important. C’est une habitude que j’ai prise il y a une vingtaine d’années. Cela me permet de garder en tête l’essentiel et d’y revenir à la fin des réunions. 

 

Son profil : un fonctionnement très participatif 

Mon type de management est participatif. Lorsque l’on occupe des fonctions sur plusieurs pays, la contribution des collaborateurs prend toute sa dimension. Comme on ne peut pas être partout, ils nous permettent de comprendre la dynamique des ensembles dans lesquels on travaille. Les détails, ce sont vraiment les collaborateurs qui sont sur place qui les détiennent.

Avant de prendre une décision, j’écoute toujours les uns et les autres. Ça me permet d’apprécier la situation de la meilleure manière possible. Et c’est très motivant pour toutes les équipes de participer au processus de décision. 

 

Partage vie privée/vie professionnelle : savoir déconnecté 

Le siège avec lequel je travail se trouve à Dallas, aux États-Unis, avec lequel il y a un décalage horaire de six heures. Et quand, dans les deux villes où je vis, Dakar et Abidjan, ma journée se termine, à Dallas tout commence ! On a ainsi le sentiment que ça ne s’arrête jamais, que le temps de travail n’est pas encadré. Tout le contraire de la banque, où il y a des horaires d’ouverture et de fermeture. Une fois que j’ai terminé ma journée, que j’ai passé du temps avec ma famille et pu faire du sport, il y a quand même un moment où je m’assure qu’au siège de Dallas il n’y a pas d’urgence, que personne n’a besoin de moi.

Mon téléphone reste ainsi ouvert en cas d’urgence à traiter. Même si je m’accorde un droit à la déconnexion, je dois rester joignable, au moins par téléphone. Après, il faut aussi savoir dire stop ! Sinon, il y a un vrai risque de travailler en boucle.  

 

L’évolution identifiée : ne plus être seule face à l’emploi du temps

J’aimerais déléguer la gestion de mon emploi du temps à mon assistant ! Ça serait peut-être mieux, car j’ai tendance à vouloir gérer pas mal de choses moi-même avec l’impression de pouvoir tout faire, d’avoir le temps. Or on peut vite se retrouver en surchauffe ! Si quelqu’un le gérait à ma place, je pourrais peut-être me dégager plus de temps. Après, encore une fois, cette habitude je l’ai prise il y a longtemps, chez Citibank. Et je devrais peut-être m’en défaire…

 

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