13 Oct 2020 / Article

Family Business Summit: preparing for the future

Organisé par l’AFRICA CEO FORUM, le Family Business Summit s’est tenu les 1er et 2 octobre derniers en version entièrement digitale. Il a réuni près de 150 propriétaires et dirigeants d’entreprises familiales africaines qui ont pu approfondir leurs connaissances et discuter de sujets clé pour la pérennité et le développement de leur activité à court, moyen et long terme. 

 

“La création de ce forum était une évidence, a indiqué Amir Ben Yahmed, président du AFRICA CEO FORUM. Nous avions besoin d’une plateforme pour aborder certaines questions spécifiques aux propriétaires d’entreprises familiales africaines. Cet événement est aussi un moyen pour eux de développer leur réseau, de faire des comparaisons, de se connaître ». Parmi ces participants prestigieux, un gros tiers réalisent un chiffre d’affaire annuel supérieur à 100 millions d’euros de chiffre d’affaires, le reste entre 10 millions et 100 millions. Plus de 25 pays étaient par ailleurs représentées dont la Côte d’Ivoire, le Nigeria, le Cameroun, l’Ouganda ou le Maroc, mais aussi l’Inde ou les Etats-Unis. 

 

Le Family Business Summit aura également été marqué par une présence multi-générationnelle avec plus de la moitié des participants faisant partie de la deuxième génération (ou plus) de la famille propriétaire. Les fondateurs étaient aussi présents avec une représentation de l’ordre d’un tiers des participants démontrant leur intérêt pour les thématiques qui touchent notamment à la transmission et à la continuité de leur family business. 

 

Pendant deux après-midi, l’événement digital a réuni des speakers de haut niveau comme Ouided Bouchamaoui, propriétaire de Hédi Bouchamaoui Group en Tunisie et prix Nobel de la paix en 2015, Alain Nkontchou, Président du Conseil d’administration d’Ecobank, Patrick Bitature, Président du Conseil d’administration de Simba Group en Ouganda, Patrick Odier, Associé gérant sénior à Lombard Odier, Darshan Chandaria, Président-Directeur général de Chandaria Group, Kabiru Rabiu, Directeur Exécutif de BUA Group, Carlos Lopes, Haut-Représentant de l’Union Africaine pour les partenariats avec l’Europe, ou encore Massogbè Touré, Présidente de SITA en Côte d’Ivoire. Ces speakers reconnus dans le monde des affaires ont apporté leur expérience pratique des grands enjeux qui touchent les entreprises familiales et ont été accompagnés dans leur analyse par des professeurs internationaux experts du Family Business tels que Elmarie Venter, Directrice de l’Unité Family Business de la Nelson Mandela University en Afrique du Sud, Peter Vogel, Directeur du Family Business Center de l’IMD, Alan Barr, Directeur de KPMG Entreprise Privée en Afrique, ainsi que Jennifer Pendergast, Directrice exécutive du Centre pour les entreprises familiales de la Kellogg School of Management aux États-Unis 

Avec un vrai succès, comme l’ont livré après coup certains participants interrogés par téléphone :  “Le Family Business Summit a un positionnement pertinent, encore plus dans cette période de crise. Il met en avant le tissu économique africain, un tissu local impliqué.” Une autre participante venue en famille confiait : “Nous avons beaucoup apprécié le Summit. On a pu apprendre de nouvelles idées et approches.” D’autres en sont ressortis plus conscients des enjeux spécifiques qui concernent leur organisation : “C’était vraiment utile de participer. Je comprends mieux à quel point il faut préparer le futur de notre entreprise familiale.” “Il y avait une réelle complémentarité entre les ateliers et les panels”, ajoutait laudateur un participant d’Afrique centrale. 

 

Les thèmes abordés ont touché aux différentes problématiques des entreprises familiales : de la gouvernance de la famille à celle de l’entreprise, du financement de la croissance à la succession, de la gestion de crise à la philanthropie. « Ce qui est important, c’est d’avoir un objectif clair et de savoir pourquoi vous choisissez de travailler en famille dans une entreprise », a souligné Jennifer Pendergast insistant sur la nécessité de définir le but du family business, et autrice d’un keynote de clôture particulièrement plébiscité pour sa richesse, son originalité et sa pédagogie. 

 

Le financement aura été un autre thème fort des débats opposant les conceptions des investisseurs et des propriétaires de family business. « Nous ne recherchons pas un investisseur qui a une vision étroite de notre entreprise ou de notre écosystème, » a tranché Philippe Espitalier-Noël, PDG de Rogers Group à l’Île Maurice. Dans le prolongement de cette déclaration, Babacar Ka, Directeur à DPI, a confirmé le besoin d’écoute de la part des sociétés de capital-investissement : “Il faut vraiment comprendre le but de l’entreprise familiale et travailler à la réalisation d’un objectif commun ». 

 

Patrick Odier

 

On retiendra également le témoignage marquant de Kabiru Rabiu sur l’action philanthropique des entreprises familiales et leur importance dans un pays comme le sien, le Nigéria : « Les entreprises familiales prennent des initiatives audacieuses pour le bien commun. Nous assistons à des collaborations de plus en plus étroites entre elles dans le but d’améliorer la vie des Nigérians ». 

 

Une autre intervention marquante fut celle de Darshan Chandaria à propos de la gouvernance familiale « Rédiger une charte familiale est très important pour l’entreprise familiale. Il est crucial d’aborder des choses évidentes comme la rémunération et de les codifier.” Le Summit a également permis aux dirigeants de

 profiter des enseignements de Patrick Odier et de Patrick Bitature sur la crise actuelle. “Restez fidèle à votre activité en temps de crise” conseille Patrick Odier pour qui la stabilité est la meilleure façon de la traverser. Quant à lui, Patrick Bitature proposait une approche différente, et conseillait de “changer de mentalité et faire preuve de résilience”. Il enjoignait même les participants : “Oubliez tout ce que vous avez appris dans les écoles de commerce ! » La seule façon selon lui de surmonter une crise actuelle qui n’a pas d’équivalent dans l’histoire industrielle.

 

Patrick Bitature

 

Au cours de 7 ateliers en petits comités, les participants ont également pu échanger en toute discrétion autour d’autres thèmes comme “Investir son patrimoine avec succès”, “Comment préparer la nouvelle génération à devenir des propriétaires responsables ?”, “Optimiser votre patrimoine en holding” ou encore “Continuité : transmettre pour affronter la crise”. Les dirigeants ont donc pu se réinventer en approfondissant ces thèmes et en échangeant entre pairs sur leurs bonnes pratiques lors de table rondes virtuelles modérées par un facilitateur. Ils ont ainsi profité de l’expertise des partenaires internationaux du Family Business Summit : KPMG, Lombard, KeysFinance, Asafo & Co., IMD Global Family Business Center, Nelson Mandela University, le Centre pour les entreprises familiales de la Kellogg School of Management et EFG Bank.

 

 Jennifer Pendergast

 

En réunissant pour la première fois des propriétaires et dirigeants d’entreprises familiales africaines autour de leurs grands enjeux, le Family Business Summit a facilité une connexion entre ces acteurs majeurs du développement économique du continent. « Le Family Business Summit m’a permis d’échanger avec d’autres dirigeants d’entreprises familiales. Nous avons besoin de plateforme comme celle-ci,” confiait un participant nigérian. L’initiative Family Business de l’AFRICA CEO FORUM va se poursuivre dans les mois et années à venir autour d’événements de ce type et le développement toujours plus étendu de son réseau.

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