23 Juin 2026 / Interview

Binta Barry

Pourriez-vous vous présenter, nous parler de votre parcours, ainsi que de ce que le service public représente pour vous ?

Je m’appelle Binta Barry. Je suis membre du cabinet du ministère du Plan, de la Coopération internationale et du Développement de la République de Guinée, et avocate de formation, qualifiée au Barreau de Paris, spécialisée en financement de projets internationaux.

Mes travaux se sont concentrés sur la transformation économique et l’investissement souverain à travers l’Afrique, en particulier sur la manière dont les États peuvent mieux structurer leurs projets, cibler leurs programmes de développement et mobiliser les capitaux nécessaires à leur financement.

Le service public consiste aujourd’hui à construire des institutions capables de transformer les ressources et les potentialités nationales en prospérité durable et en souveraineté économique.

 

Qu’est-ce qui vous a initialement attirée vers le service public, et qu’est-ce qui vous motive à poursuivre cet engagement aujourd’hui ?

J’ai découvert le service public il y a plus d’une décennie à la Présidence d’un État ouest-africain, où je travaillais sur un fonds d’investissement stratégique. Cette expérience m’a donné un accès direct au rôle que les États peuvent jouer, non seulement en tant que régulateurs, mais aussi en tant que bâtisseurs actifs des écosystèmes économiques.

Ce qui me motive aujourd’hui, c’est la conviction qu’une action publique rigoureuse, professionnelle et inscrite dans le long terme peut fondamentalement façonner les économies nationales. Bien menée, elle peut contribuer à construire les écosystèmes financiers et institutionnels nécessaires à une transformation durable.

 

En tant qu’acteur engagé, que signifie pour vous le leadership au service de l’État, et comment cela influence-t-il votre façon de servir ?

Le leadership dans le service public, c’est prendre les bonnes décisions fondées sur l’intérêt général, même lorsqu’elles sont difficiles ou impopulaires à court terme.

En pratique, cela m’incite à rester rigoureuse sur le fond, collaborative dans la méthode et résolument tournée vers l’exécution, afin de transformer les idées et les stratégies en actions concrètes, même dans un contexte contraint.

 

Quelles sont les valeurs ou les principes non négociables pour vous dans l’exercice de vos fonctions ?

L’intégrité, le professionnalisme et la redevabilité sont non négociables.

La confiance publique est l’actif le plus précieux qu’un État puisse détenir et elle doit être protégée en permanence.

Je crois également profondément à l’État de droit et à la nécessité d’aborder l’action publique avec à la fois une rigueur technique et un fort sens des responsabilités envers l’intérêt collectif.

 

Pouvez-vous nous parler d’un changement, d’une réforme ou d’une initiative spécifique que vous avez contribué à façonner dans le service public, et pourquoi cela vous tient-il à cœur ?

J’ai piloté la création du Fonds souverain de la Guinée et participé à la conception initiale du plan national de développement 2040, que le fonds est destiné à contribuer à mettre en œuvre.

Ce travail est essentiel pour atteindre nos objectifs dans les 14 prochaines années, sous la direction de Son Excellence Monsieur Mamady Doumbouya, avec une feuille de route structurée, des projets crédibles prêts à l’investissement, une coordination gouvernementale solide et un outil efficace de mobilisation des capitaux.

 

Lorsque vous pensez à la mise en œuvre et à l’impact, à quoi ressemble le succès dans le service public pour les citoyens que vous servez ?

Des résultats tangibles et la confiance dans la capacité des agents publics guinéens à les concrétiser.

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