Pourriez-vous vous présenter, nous parler de votre parcours, ainsi que ce que le service public représente pour vous ?
Je suis Dr Mamadou BARRY, économiste de formation. Actuellement Secrétaire Exécutif de la Cellule Technique de Suivi des Programmes et de la Réforme des Finances Publiques au ministère de l’Économie, des Finances et du Budget, j’ai été auparavant Directeur Général Adjoint du Budget, Directeur national chargé des Partenariats Public-Privé, ainsi que représentant de Search for Common Ground en Guinée et au Niger. Je suis également Maître de conférences en sciences économiques, titulaire d’un doctorat et auteur de plusieurs publications dans les domaines du développement et des finances publiques.
Le service public représente pour moi bien plus qu’une carrière professionnelle. Depuis mon enfance, je me suis interrogé sur les causes de la pauvreté dans les pays africains et sur les différences entre pays pauvres, émergents et développés. Cette interrogation a marqué mon adolescence, mes choix d’études, d’abord l’histoire, puis la littérature, avant les sciences économiques avec toujours la même volonté : comprendre les mécanismes qui expliquent la richesse des nations.
Au fil de mes études et de mes expériences, j’ai acquis la conviction que l’État joue un rôle central dans la transformation économique et sociale de pays comme la Guinée : c’est lui qui permet de bâtir des institutions solides, une gouvernance de qualité, et de garantir une bonne exécution des politiques publiques.
Qu’est-ce qui vous a initialement attiré vers le service public, et qu’est-ce qui vous motive à poursuivre cet engagement dans le secteur aujourd’hui ?
Avant même de parler de service public, l’enfant que j’étais voulait contribuer à résoudre les problèmes communs. Cette sensibilité s’est construite à travers l’exemple de mon père, très engagé au service de sa communauté, et m’a très tôt orienté vers l’engagement associatif et le travail au sein d’organisations non marchandes, avec toujours la même volonté : être utile à la collectivité.
Le service public s’est donc imposé naturellement comme le prolongement de cet engagement. J’ai progressivement acquis la conviction que l’État est l’acteur le mieux placé pour créer les infrastructures nécessaires, réduire les incertitudes économiques, renforcer la confiance, garantir les droits et bâtir un cadre de gouvernance favorable à l’investissement et au progrès collectif.
C’est cette conviction qui guide aujourd’hui mon engagement : contribuer, à mon niveau, à la transformation socioéconomique de notre pays et à l’amélioration durable des conditions de vie de nos concitoyens.
En tant qu’acteur engagé, que signifie pour vous le leadership au service de l’État, et comment cela influence-t-il votre façon de servir ?
Être un serviteur et le rester. Être utile, soutenir les collègues, faciliter la délivrance des services aux usagers de l’administration publique, contribuer à reformer l’Etat et inspirer les plus jeunes.
Quelles sont les valeurs ou les principes qui sont non négociables pour vous dans l’exercice de vos fonctions ?
Les valeurs les importantes pour moi sont : le service à la nation et là je ne parle de l’Etat, je parle des citoyens, la défense de la diversité et enfin le principe de ne pas nuire.
Pouvez-vous nous parler d’un changement, d’une réforme ou d’une initiative spécifique que vous avez contribué à façonner dans le service public, et pourquoi cela vous tient-il à cœur ?
Je voudrais parler de la chaine d’exécution du budget des services déconcentrés de l’Etat en Guinée, dénommé SONOYAH (qui signifie Facilité en Soussou), dont j’ai contribué à la mise en place en tant que Directeur Général Adjoint du Budget.
SONOYAH est une extension, dans chaque préfecture, de l’application « Chaine dépenses » pour permettre aux services déconcentrés d’exécuter directement leurs dépenses sous la responsabilité des Gouverneurs et des Préfets, à l’image des ministères et institutions au niveau central.
Avant SONOYAH, les dépenses des services déconcentrés étaient exécutées manuellement, entraînant des délais anormalement longs, des pertes d’informations financières et des difficultés de traçabilité et d’élaboration de comptes rendus de l’exécution budgétaire.
Depuis janvier 2025, l’exécution des crédits se fait via SONOYAH. Cette réforme favorise l’accélération de l’exécution des crédits, l’interconnexion entre les applications budgétaires et comptables, un meilleur pilotage des finances publiques, le suivi en temps réel des dépenses par les acteurs impliqués (Ministres, Gouverneurs, Préfets, Pool financiers, prestataires etc.), ainsi que la traçabilité et le reporting des informations financières.
Cette réforme majeure permet à l’Etat de garantir l’efficacité des dépenses publiques destinées aux populations à la base à l’intérieur du pays.
Lorsque vous pensez à la mise en œuvre et à l’impact, à quoi ressemble le succès dans le service public pour les citoyens que vous servez ?
Un service public respectueux des citoyens, qui leur fait perdre le moins de temps possible.