15 Juin 2022 / Article

La technologie peut-elle résoudre le défi de l’inclusion financière en Afrique ?

Composé de Sa Majesté la Reine Maxima des Pays-Bas, de Makhtar Diop ou encore James Mwangi, un panel dédié à l’industrie financière à fait sensation lors de l’AFRICA CEO FORUM 2022.

L’usage du mobile n’est plus un luxe, mais une nécessité pour les populations sur le continent. Le téléphone mobile est devenu un vecteur de développement. Une vérité partagée par l’ensemble des intervenants, lors du panel portant sur le thème : « la technologie peut-elle résoudre le défi de l’inclusion financière ? », organisé le lundi 13 juin 2022, dans le cadre de l’AFRICA CEO FORUM Annual Summit à Abidjan. A cette occasion, les différents experts ont mis en évidence l’importance du mobile et de l’internet dans l’inclusion financière des populations africaines. Dans ce cadre, Diane Karusisi, directeur général de Bank of Kigali, a fait savoir que grâce au mobile, par le passé, seulement 8% des personnes économisaient pour leur retraite au Rwanda. Cependant, a-t-elle fait savoir, actuellement, grâce au téléphone, ce sont 25% de la population qui cotisent pour leur retraite. Une hausse qui montre, si besoin est, la place qu’occupe le mobile dans la vie des populations de ce pays. Loin d’être un cas isolé, les exemples sont légion dans plusieurs pays du continent.

C’est la raison pour laquelle, les experts préconisent que le téléphone et l’internet soient accessibles afin de contribuer à réduire l’inclusion financière. Dans cette optique, S.M. la Reine Máxima des Pays-Bas, mandataire spéciale du Secrétaire Général des Nations unies pour la promotion des services financiers accessibles à tous qui favorisent le développement, a attiré l’attention sur les comptes dormants. « Il y a de nombreux téléphones dormants en Côte d’Ivoire notamment. Il y a des réseaux à Abidjan. De façon générale, il faut que ces réseaux soient également opérationnels en milieu rural. »

En sus, il faut qu’il y ait la concurrence entre des opérateurs afin que les réseaux soient accessibles à tous et moins chers », a souligné la Reine. Dans ce cadre, Makhtar Diop, Directeur général de l’International Finance Corporation (IFC), a indiqué que le défi, ce sont les câbles sous-marins Facebook et Google. Ce qui va permettre de multiplier par dix les capacités des Etats afin de réduire le coût de l’internet. Pour ce faire, James Mwangi, directeur général d’Equity Group Holdings, a préconisé que la réglementation soit favorable afin de faciliter l’usage du mobile dans le milieu financier. C’est l’exemple du Kenya. « On a une réglementation libérale qui permet aux banques d’utiliser le mobile money », a-t-il souligné. Il a également avancé qu’il faut investir dans les start-up, initiatrices de solutions innovantes. Ce sont ces entreprises qui connaissent les réalités de leur pays qui sont en mesure de proposer des solutions adaptées à leurs besoins.

Au Kenya, nous avons une réglementation libérale qui permet aux banques d’utiliser le mobile money

James Mwangi a aussi indiqué que la question de la protection des consommateurs doit être au cœur de la réglementation. Cela afin d’augmenter le nombre d’utilisateurs du téléphone mobile et de l’internet.

James Mwangi a enfin insisté sur le financement des Fintechs comme c’est le cas au Kenya. Il a incité à la sensibilisation pour que le dispositif de financement des fintechs soit mis en place.

Michael Froman, vice-chairman and president, strategic growth, Mastercard, a interpellé les dirigeants sur la cybercriminalité qui contribue à dissuader certaines personnes à utiliser

l’internet. « Les fraudeurs sont en avance en s’équipant. Il faut mettre en place des mesures pour y remédier. Néanmoins, la cybercriminalité ne doit pas être un frein à l’inclusion digitale totale. Car, il ne faut pas avoir peur des cybercriminels. C’est pourquoi, les lois doivent être efficaces», a-t-il affirmé. Il a aussi invité les décideurs à rechercher les solutions idoines sur la protection des données à caractère personnel. Une préoccupation de la Reine Maxima. Celle-ci a également fait savoir qu’il faut différencier la protection des données et la propriété des données. D’ailleurs, Diane Karusisi a reconnu qu’il existe des conflits entre les banques et les entreprises mobiles. Elle a donc suggéré qu’il y ait un opérateur qui se charge des données à caractère personnel.

Par ailleurs, S.M. la Reine Máxima des Pays-Bas a souligné que des défis s’imposent pour les femmes relativement à l’inclusion financière. Celles-ci doivent donc s’appuyer davantage sur le téléphone mobile et l’internet pour changer la donne.

Ahua KOUAKOU

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