21 Oct 2022 / Article

Renforcer la production agricole pour faire face à la crise alimentaire

Plantation de palmiers à huile, Afrique

 

Pandémie de Covid-19, crise alimentaire consécutive à la guerre en Ukraine, hausse des prix du carburant, réchauffement climatique… L’Afrique est confrontée à plusieurs défis concomitants d’une rare acuité. Les gouvernements, craignant de nouvelles émeutes de la faim à l’instar de celles qui sévirent en 2008, se préparent à une potentielle récession, anticipée aussi par la Banque mondiale. António Guterres, le secrétaire général de l’ONU, avait déclaré en 2018 : “Il n’y a de paix véritable que si chacun peut s’épanouir et prospérer à l’abri de la faim, de la pauvreté et de l’oppression”. Et aujourd’hui encore la faim constitue une véritable menace pour le maintien de la paix sur le continent.

Alors que 60 % des terres arables mondiales se trouvent en Afrique et que la production agricole subsaharienne connaît la croissance la plus rapide de la planète depuis 20 ans, la guerre en Ukraine relance l’interminable débat sur la souveraineté et l’autosuffisance alimentaires du continent. Rappelons que l’urbanisation et l’évolution des modes de consommation – nourrissant la demande en céréales, huiles et sucre – dopent les importations de l’Afrique. Selon les perspectives agricoles 2020-2029 de l’OCDE et de la FAO, elles devraient passer d’environ 70 à 100 milliards de dollars en 2025, faisant du continent un importateur net au regard de ses exportations estimées à 60 milliards de dollars par an. On peut redouter que des phénomènes tels que la sécheresse qu’endure actuellement la Corne de l’Afrique (6 millions de personnes touchées depuis l’automne 2020 en Somalie, 7 millions en Éthiopie et 3,5 millions au Kenya) n’aggravent la situation.

Par ailleurs, la guerre impliquant la Russie et l’Ukraine affecte considérablement les chaînes d’approvisionnement de l’Afrique, un tiers du blé qu’elle importe provenant de ces pays. L’autosuffisance alimentaire ne doit par conséquent plus être une chimère mais un objectif concrétisé à moyen terme, impliquant une refonte en profondeur de nos modèles de production agricole. Le secteur privé doit être le moteur des investissements dans la R&D, les nouvelles technologies de gestion des ressources naturelles, les solutions d’accroissement de la productivité et la transformation des produits de base.

Le Groupe ADS et sa filiale West Africa Commodities, dont la mission vise une meilleure répartition des revenus dans la chaîne de valeur agricole, sont déjà à l’œuvre dans ce sens. Nous voulons initier un mouvement et créer des solutions qui répondent aux besoins et spécificités du marché agro-industriel africain. Celles-ci résident dans l’augmentation de la productivité pour maximiser les récoltes et garantir la compétitivité du continent. La formation est également essentielle pour augmenter la valeur ajoutée de la production et garantir un revenu décent aux petits producteurs qui peinent à atteindre les marchés nationaux et sous-régionaux. Nous sommes fermement convaincus qu’ensemble nous pouvons mettre un terme à la famine en Afrique, et nous nous efforcerons d’atteindre cet objectif avec l’ensemble de nos partenaires.

Par Samba Bathily, Président-Directeur Général du Groupe Africa Development Solutions (ADS).

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