08 Avr 2021 / Article

Comment la crise transforme la finance africaine

Pour la première édition digitale du Africa Financial and Industry Summit, le cabinet Deloitte présente les résultats du premier African Financial Industry Barometer élaboré en partenariat avec l’AFRICA CEO FORUM. Cette enquête panafricaine vise à mettre en évidence les transformations impulsées par l’industrie financière et ses ambitions dans une période marquée par les conséquences économiques de la pandémie et l’urgence de la relance économique. 

 

A l’ère du tout numérique et de la multiplication des nouveaux acteurs dans le secteurles institutions financières opérant en Afrique ont entrepris la transformation de leur modèle d’entreprise, de leur gouvernance et de leurs capacités de gestion des risques. Pour répondre à ces besoins, elles ont développé un formidable appétit pour l’innovation (digitalisation, open banking – open insuring, partenariat avec les Fintechs et Insurtechs), considérée par ailleurs comme un accélérateur de l’inclusion financière.  

Cette enquête réalisée auprès de CEO opérant sur le continent fait apparaitre la transformation digitale et l’efficacité opérationnelle comme principales priorités des douze prochains mois. Une majorité d’institutions affirme être déjà engagée dans un processus de digitalisation (56%) ou être sur le point de lancer un programme de ce type à court terme (31%), à la fois sur les services internes et externes.  

 

Par ailleurs, une transformation structurelle des conseils d’administration semble accompagner ces évolutions, notamment avec l’intégration de membres indépendants qualifiés, ainsi que la création de comités spécialisés traditionnels (comité d’audit, comité des risques) et de nouveaux comités (technologique, éthique et de relations publiques).  

 

La capacité d’une institution financière traditionnelle à ouvrir ses systèmes à un partenaire et à favoriser son niveau d’interactions avec les nouveaux acteurs en est un moteur essentiel. Aussi, les institutions financières africaines perçoivent positivement l’Open Banking- Open Insuring, dont le déploiement permet surtout de développer de nouvelles activités ou de nouveaux produits. 

 

 

Pour 59% des dirigeants interrogés, l’industrie financière africaine présente une attractivité croissante malgré le mouvement de retrait récent de certains grands groupes internationaux et, depuis la crise, davantage d’efforts ont été mobilisés pour amorcer une transformation durable.  

Lconvergence vers les normes réglementaires internationales ainsi que l’entrée en vigueur de la Zone de Libre Échange Continentale africaine (Zlecafcontribuent également à accélérer l’inclusion financièreA contrario, les politiques monétaires restrictives et l’accès limité aux marchés de capitaux freinent encore le succès de la stratégie de digitalisation financière. Néanmoins, les efforts des régulateurs pour transposer les normes internationales (normes financières, cadre comptable, etc.) sont appréciés malgré certaines lacunes sur les questions de finance numériquede protection des données personnelles et de règlementation des marchéfinanciers. 

La surveillance et l’atténuation des risques représentent des enjeux décisifs principalement en matière de cybersécuritéen raison de l’approfondissement de la digitalisation, mais également en matière financière stricto sensu (en particulier le risque de crédit) et opérationnelle (notamment les risques de fraude mais aussi les risques industriels et juridiques). L’émergence de ces risques nécessite une nouvelle approche de gestion, notamment par l’innovation mais aussi en développant un dispositif d’appétence aurisquesaujourd’hui avancé mais encore perfectible.  

L’étude s’est également intéressée à l’impact de ces institutions financières dans le financement durable de l’économie africaine. A cet égard, les acteurs considèrent que leur impact dans ce domaine est en légère hausse mais sont néanmoins conscientes de l’insuffisance du rythme de croissance de cet impact.   

 

Enfin, les finances vertes et durables standardisées (intégration des critères ESG dans les investissements, investissements socialement responsables) constituent également un chantier d’avenir en pleine croissance. 

En effet, 49% des institutions financières couvrent l’intégration des critères ESG dans leurs portefeuilles d’investissement et 30 % intègrent déjà des investissements socialement responsables. Cependant, elles estiment encore insuffisante leur connaissance de certains produits innovants dans ce domaine (green bonds, green venture capital, etc). 

Les résultats de ces chantiers de transformation et les nouveaux enjeux qu’ils soulèvent feront l’objet de la prochaine édition du baromètre. En attendant, retrouvez tous ces résultats en détails et bien plus encore dans le rapport complet disponible en lien à cet article 

 

Assia Farah BENBAHRIA

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